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Docteur Joël MIRBEY

Tél : 03.80.30.26.03


Docteur Frédéric GIVRY

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Définition de la maladie des tendons de l'épaule

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Il s'agit d'un conflit mécanique entre les tendons de la coiffe et l'acromion qui est une structure osseuse de l'omoplate située juste au-dessus.


Les causes du conflit :

  • L'espace dans lequel glissent les tendons est rétréci par un phénomène d'arthrose, par une forme de l'acromion qui ressemble à un bec osseux.
  • Les mouvements répétés de l'épaule agressent les tendons : travaux de peinture, de maçonnerie, ou tout acte répété de la vie quotidienne.


Conséquences de ce conflit :

  • Apparition d'une inflammation des tendons qui peuvent s'user ou se rompre.

 

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C'est une pathologie très fréquente car l'arc coraco-acromial est rigide et agressif (en particulier le bout externe du ligament coraco-acromial). Les tendons se trouvent souvent coincés entre la tête humérale et le ligament coraco-acromial lors de l'abduction ou de l'élévation du bras. Ces microtraumatismes répétés peuvent occasionner l'usure de la coiffe des rotateurs, et quelquefois être à l'origine d'une rupture. De nombreuses activités professionnelles ou sportives les favorisent.

 

La tendinopathie (également appelée communément 'périarthrite') de la coiffe est très fréquente : 30 % de la population générale a des lésions dégénératives de la coiffe des rotateurs aux environs de 50 ans, et l'incidence augmente avec l'âge.

Anatomie de l'épaule

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L'articulation de l'épaule ou articulation gléno-humérale est une articulation synoviale entre la tête humérale et la glène, renforcée par l'anneau fibro-cartilagineux, le bourrelet glénoïdien. La capsule articulaire est renforcée par deux ou trois ligaments. Elle est large et lâche à la partie inférieure.

 

L'essentiel de la stabilité de l'articulation est assuré par les muscles de la coiffe :

  • le muscle sous-scapulaire en amont,
  • le muscle sus-épineux en haut,
  • le muscle sous-épineux et petit rond en arrière.

 

 

 

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Ils s'insèrent à la partie proximale de l'humérus par l'intermédiaire de leurs tendons, en formant une lame fibreuse, difficilement séparable de la capsule articulaire sous-jacente : la coiffe des rotateurs.

 

Au-dessus de la coiffe, mais séparé d'elle par la bourse sous-acromiale, se situe l'arche constitué par l'acromion (structure osseuse de l'omoplate située juste au-dessus de la tête humérales) et le ligament coraco-acromial.

Signes clinique de la maladie des tendons de l'épaule

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Les patients se plaignent de douleurs sourdes de l'épaule, de topographies imprécises mais bien souvent plutôt devant l'épaule avec une irradiation dans le bras lors de la mobilisation. La douleur est souvent nocturne et peut réveiller le patient.

 

A l'examen, les mobilités actives sont souvent légèrement diminuées par la douleur, en particulier à l'élévation latérale ou abduction. Les mobilités passives ne sont pas limitées, mais il existe un arc douloureux à l'élévation latérale ou antérieure.

 

 

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Les différents tests de la coiffe des rotateurs sont douloureux, mais avec une résistance normale permettant souvent d'affirmer l'absence de rupture tendineuse.

 

Les radiographies réalisées retrouvent la plupart du temps un espace entre l'acromion et la tête humérale diminué, et souvent la présence d'un bec acromial.

Évolution sans traitement de la maladie des tendons

Si aucun traitement n'est envisagé, l'usure et l'inflammation des tendons vont continuer à progresser entraînant peu à peu une ulcération (perforation non-transfixiante) des tendons, aboutissant peu à peu à une perforation transfixiante et une rupture tendineuse aggravant le pronostic fonctionnel de l'épaule.

Les douleurs vont s'accentuer, notamment la nuit.

L' intervention nécessaire sera alors plus longue et le résultat plus aléatoire.

Traitement chirurgical de la maladie des tendons

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Le traitement a pour objectif de diminuer les douleurs, de restituer au mieux la fonction de l'épaule, de prévenir les complications, en particulier l'évolution vers la rupture des tendons, et d'éduquer le malade pour éviter les récidives.

 

L'échec du traitement médical confirme l'évolution vers la forme chronique de la maladie nécessitant une intervention chirurgicale.

Il consiste en une résection d'une partie de l'acromion associée à celle du ligament coraco-acromial appelé : acromioplastie.

 

Elle est bien entendu accompagnée d'un nettoyage des tendons, afin d'éliminer toute l'inflammation. Ce geste est réalisé sous arthroscopie par deux incisions de moins d'1 cm.

 

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Avant intervention : présence d'un bec osseux agressif

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Aprés intervention : bec osseux retiré

Complications

Complications anesthésiques :

 

Elles ne revêtent aucun aspect spécifique à la chirurgie arthroscopique. Le médecin anesthésiste vous les expose lors de la consultation pré-opératoire.

 

Complications locales :

 

Complications vasculaires :

Les gros vaisseaux (artères, veines) peuvent être exceptionnellement blessés, pouvant avoir des conséquences graves ; avec des conséquences moins graves, d'autres petites veines peuvent être blessées entraînant un hématome articulaire de l'épaule appelé : hémarthrose.

 

L'arthrite :

C'est une infection post-opératoire de l'articulation. La fréquence est rare : - de 0,4 % de toutes les arthroscopies. Le traitement nécessite une nouvelle intervention avec lavage arthroscopique de l'articulation et traitement antibiotique adapté

 

Hémarthrose :

C'est la survenue d'un épanchement sanguin important et douloureux dans l'articulation.

 

Une raideur (capsulite rétractile) de l'épaule peut apparaître.

 

L'algodystrophie :

Cette complication de la chirurgie peut également apparaître en dehors de tout acte opératoire. Elle semble toucher plus fréquemment les femmes de plus de 40 ans. Elle se manifeste par une décalcification de l'articulation de l'épaule s'accompagnant de douleurs invalidantes. On constate souvent une rougeur de la peau, une augmentation de la transpiration, une chaleur, un enraidissement de l'articulation. Elle nécessite un traitement médical et fonctionnel par une rééducation douce. Elle peut d'ailleurs être déclenchée par des gestes de kinésithérapie inadaptée. Elle guérit habituellement spontanément. La guérison est obtenue sur une période de quelques semaines, mais pouvant aller jusqu'à deux ans.

 

Complications nerveuses :

Une zone d'anesthésie cutanée au niveau de la cicatrice voir des fourmillements localisés sont possibles par atteinte de petits rameaux nerveux situés sous la peau. En général, ces sensations désagréables s'atténuent avec le temps.

 

Un gonflement ou un oedème important de l'épaule :

Peuvent survenir et régressent habituellement dans la 1ère nuit post-opératoire sans séquelles.

Hébergement

Le patient sortira de la clinique le jour même de l'intervention sans immobilisation, ni plâtre. Une mobilisation immédiate du membre supérieur pourra être réalisée en fonction des douleurs.

 

La prise en charge des douleurs se fait entre les médecins anesthésistes, votre chirurgien, les infirmières du service.

 

Lors de votre sortie de la clinique, votre chirurgien vous remettra les prescriptions d'antalgiques, de pansements, de rééducation, d'arrêt de travail si nécessaire, et votre prochain rendez-vous. Bien entendu, votre médecin traitant aura un double du compte-rendu opératoire et un courrier lui expliquant l'acte thérapeutique réalisé et les suites opératoires à prévoir.

 

A votre sortie, vous devrez donc rapidement prendre un rendez-vous avec votre kinésithérapeute. Votre chirurgien vous prescrira une ordonnance avec un protocole de rééducation, celle-ci devra être douce, prudente et progressive.

Indisponibilité

La reprise des activités n'est envisageable qu'après six semaines en général.

 

Elle sera bien sûr fonction du degré d'activité physique et de votre profession. Les gestes de la vie quotidienne seront entrepris rapidement, et sans travaux de force.

Résultats

Ce n'est habituellement qu'au bout de 3 mois que le patient ressent une amélioration significative de son épaule, tant au niveau des douleurs que de la fonction.

 

Le patient bénéficiera de séances de rééducation tant qu'il persistera des douleurs ou une impotence fonctionnelle de cette épaule.