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Docteur Joël MIRBEY

Tél : 03.80.30.26.03


Docteur Frédéric GIVRY

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Le genou

Complications post-opératoires des lésions ligamentaires du genou

Les complications seront évoquées dans l'hypothèse d'une réparation ligamentaire effectuée dans un contexte de lésion isolée, notamment sans atteinte cartilagineuse associée.

 

Par ordre de gravité croissante , énumérons :

 

Un épanchement articulaire persistant :

Il peut générer des douleurs résiduelles, entraver la récupération des amplitudes en flexion. Cet épanchement s'intègre dans le cadre normal et habituel des réactions inflammatoires cicatricielles. Ces réactions disparaissent généralement au terme du 2e mois post-opératoire entraînant l'assèchement progressif de l'articulation Les épanchements les plus abondants qui limitent la flexion pourront faire l'objet d'une ponction évacuatrice. Dans certains cas l'épanchement articulaire peut durer plusieurs mois ( 4 à 6) faisant évoquer notamment des réactions d'intolérance aux matériaux de fixation de la greffe intra-articulaire.

 

Sensibilité et réactions inflammatoires sur la zone de prélèvement de la greffe : La chirurgie mini-invasive a largement limité la fréquence de ces symptômes qui dans les cas extrêmes pourront durer 8 à 12 mois . Ces réactions n'entravent généralement pas la poursuite d'une rééducation active. Dans le même ordre d'idée, la sensibilité cutanée sur la face antérieure du genou peut être ressentie pendant un an en particulier lors de la position d'agenouillement.

 

La raideur articulaire post-opératoire :

Complication rare si le genou a été parfaitement préparé à la ligamentoplastie et que celui-ci ne présentait aucune limitation des amplitudes avant l'intervention. Toutefois des douleurs post-opératoires chez des patients au tempérament anxieux peuvent retarder la récupération des amplitudes par rapport à la planification idéale. Dans ces cas, la rééducation sera poursuivie plus longuement en insistant sur les exercices d'étirement musculaire et de postures en extension comme en flexion forcée. Il est classique de considérer qu'à la date anniversaire de l'intervention les amplitudes non récupérées sont perdues définitivement.

 

La limitation de quelques degrés de la flexion n'entraîne pas de retentissement sur les performances sportives. En revanche, la conservation d'un petit déficit de l'extension (flexum), peut avoir des conséquences fonctionnelles aboutissant à l'interruption de certaines pratiques sportives.

 

Les raideurs post-opératoires sévères non compliquées de syndrome algodystrophique pourront nécessiter, dans de rares cas, un geste de mobilisation de l'articulation sous anesthésie générale afin d'aboutir à la rupture des adhérences cicatricielles qui sont à l'origine de cette raideur. Un tel geste permettra de conserver les amplitudes articulaires acquises que s'il est suivi d'une rééducation immédiate volontaire et active.

 

Le syndrome algodystrophique :

Il s'agit de l'apparition dans les semaines qui suivent l'intervention, de douleurs entravant le plus souvent la rééducation, générant de ce fait une limitation des amplitudes, parfois majeure. Le genou est chaud, la peau est hypersensible à la palpation. Le bilan radiologique peut objectiver des signes de déminéralisation spécifique, la scintigraphie confirmant l'hyperactivité osseuse par rapport au genou sain. L'incidence des syndromes algodystrophiques a été fortement limitée par l'absence d'immobilisation dans les suites opératoires. Toutefois, la survenue très imprévisible d'une telle complication va au mieux retarder l'obtention du résultat définitif et au pire aboutir à un genou ankylosé, douloureux, amyotrophique. peu résistant à l'effort,

 

Le traitement de l'algodystrophie demeure médical. Une intervention, même très à distance de la phase de guérison, reste aléatoire quant au résultat fonctionnel à escompter du fait du réveil toujours possible du syndrome algodystrophique.

 

Les douleurs post-opératoires persistantes :

Certains genoux peuvent demeurer douloureux très à distance de l'intervention et en l'absence de signes cliniques évidents de complications ( infection latente, algodystrophie, intolérance aux matériaux de fixation de la greffe, atteinte cartilagineuse d'un ou de plusieurs compartiments du genou). Ces cas rares posent le problème de la reprise des activités professionnelles ou sportives dans des conditions acceptables.

 

Les complications thrombo-emboliques :

Elles peuvent être observées dans toute chirurgie du membre inférieur. Les techniques chirurgicales modernes compatibles avec une prise d'appui immédiate dans les suites, avec l'absence d'immobilisation de longue durée en ont fortement limité l'incidence. Un traitement anticoagulant est systématique prescrit dans les suites. Ce dernier sera adapté en fonction des éventuels antécédents personnels ou familiaux du patient.

 

Les complications infectieuses:

Les arthrites septiques précoces post-opératoires sont de fréquence exceptionnelle. La fiabilité des procédés de stérilisation, l'utilisation des dispositifs à usage unique, la pratique de voies d'abord courtes et l'abondance des rinçages articulaires arthroscopiques sont autant de facteurs qui concourent à limiter les risques infectieux.

 

Les complications infectieuses sont souvent la conséquence d'un terrain prédisposant. Soulignons le rôle néfaste du diabète, d'une artériopathie sous jacente des membres inférieurs, de l'intoxiation tabagique chronique.

 

La survenue d'une telle complication engendre une prise en charge médicale lourde, parfois chirurgicale. Elle ternit constamment le résultat fonctionnel final.