Calcification des tendons de l'épaule

Définition

Il s'agit de dépôt de calcium à l'intérieur des tendons de l'épaule témoignant la plupart du temps d'une souffrance tendineuse.

 

Cependant, nous retrouvons de plus en plus des calcifications dans des tendons tout à fait sains. La pathologie s'appelle la tendinopathie calcifiante, 10% de la population générale en serait atteinte.

 

Le tendon du muscle sus-épineux est le plus souvent atteint.

Anatomie

Anatomie de l'épaule
Anatomie de l'épaule

L'articulation de l'épaule ou articulation gléno-humérale est une articulation synoviale entre la tête humérale et la glène, renforcée par l'anneau fibro-cartilagineux, le bourrelet glénoïdien. La capsule articulaire est renforcée par deux ou trois ligaments. Elle est large et lâche à la partie inférieure.

 

L'essentiel de la stabilité de l'articulation est assuré par les muscles de la coiffe :

Anatomie de l'épaule
Anatomie de l'épaule

Ils s'insèrent à la partie proximale de l'humérus par l'intermédiaire de leurs tendons, en formant une lame fibreuse, difficilement séparable de la capsule articulaire sous-jacente : la coiffe des rotateurs.

 

Au-dessus de la coiffe, mais séparé d'elle par la bourse sous-acromiale, se situe l'arche constitué par l'acromion (structure osseuse de l'omoplate située juste au-dessus de la tête humérales ) et le ligament coraco-acromial.

Signes clinique de la calcification de l'épaule

Radiographie de l'épaule
Radiographie de l'épaule

Les stades cliniques sont décrits :

 

 

 

Évolution sans traitement de la calcification de l'épaule

Si la calcification n'est pas évacuée, les douleurs vont persister pendant encore plusieurs mois sans qu'il soit possible d'évaluer une durée.

 

Traitement chirurgical de la calcification de l'épaule

Traitement chirurgical de la calcification de l'épaule
Traitement chirurgical de la calcification de l'épaule

L'intervention est réalisée bien entendu sous arthroscopie. Elle permet d'évacuer la calcification qui est présente depuis plusieurs mois et douloureuse.

 

L'intervention chirurgicale se fait au bloc opératoire sous anesthésie générale.

Complications possibles de l'intervention

Complications anesthésiques :

 

Elles ne revêtent aucun aspect spécifique à la chirurgie arthroscopique. Le médecin anesthésiste vous les expose lors de la consultation pré-opératoire.

 

Complications locales :

 

Complications vasculaires :

Les gros vaisseaux (artères, veines) peuvent être exceptionnellement blessés, pouvant avoir des conséquences graves ; avec des conséquences moins graves, d'autres petites veines peuvent être blessées entraînant un hématome articulaire de l'épaule appelé : hémarthrose.

 

Complications nerveuses :

Une zone d'anesthésie cutanée au niveau de la cicatrice voir des fourmillements localisés sont possibles par atteinte de petits rameaux nerveux situés sous la peau. En général, ces sensations désagréables s'atténuent avec le temps.

 

L'arthrite :

C'est une infection post-opératoire de l'articulation. La fréquence est rare : - de 0,4 % de toutes les arthroscopies. Le traitement nécessite une nouvelle intervention avec lavage arthroscopique de l'articulation et traitement antibiotique adapté.

 

Hémarthrose :

C'est la survenue d'un épanchement sanguin important et douloureux dans l'articulation.

 

Une raideur (capsulite rétractile) de l'épaule peut apparaître.

 

Un gonflement ou un oedème important de l'épaule :

Peuvent survenir et régressent habituellement dans la 1ère nuit post-opératoire sans séquelles.

 

Des problèmes cicatriciels rares.

 

L'algodystrophie :

Cette complication de la chirurgie peut également apparaître en dehors de tout acte opératoire. Elle semble toucher plus fréquemment les femmes de plus de 40 ans. Elle se manifeste par une décalcification de l'articulation de l'épaule s'accompagnant de douleurs invalidantes. On constate souvent une rougeur de la peau, une augmentation de la transpiration, une chaleur, un enraidissement de l'articulation. Elle nécessite un traitement médical et fonctionnel par une rééducation douce. Elle peut d'ailleurs être déclenchée par des gestes de kinésithérapie inadaptée. Elle guérit habituellement spontanément. La guérison est obtenue sur une période de quelques semaines, mais pouvant aller jusqu'à deux ans.

Hébergement

Le patient sortira de la clinique le jour même de l'intervention sans immobilisation, ni plâtre. Une mobilisation immédiate du membre supérieur pourra être réalisée en fonction des douleurs.

 

La prise en charge des douleurs se fait entre les médecins anesthésistes, votre chirurgien, les infirmières du service.

 

Lors de votre sortie de la clinique, votre chirurgien vous remettra les prescriptions d'antalgiques, de pansements, de rééducation, d'arrêt de travail si nécessaire, et votre prochain rendez-vous. Bien entendu, votre médecin traitant aura un double du compte-rendu opératoire et un courrier lui expliquant l'acte thérapeutique réalisé et les suites opératoires à prévoir.

 

A votre sortie, vous devrez donc rapidement prendre un rendez-vous avec votre kinésithérapeute. Votre chirurgien vous prescrira une ordonnance avec un protocole de rééducation, celle-ci devra être douce, prudente et progressive.

Indisponibilité

La reprise des activités n'est envisageable qu'après six semaines en général. Elle sera bien sûr fonction du degré d'activité physique et de votre profession.

 

Les gestes de la vie quotidienne seront entrepris rapidement, et sans travaux de force.

Résultats

Ce n'est habituellement qu'au bout de 2 mois que le patient ressent une amélioration significative de son épaule, tant au niveau des douleurs que de la fonction.

 

Le patient bénéficiera de séances de rééducation tant qu'il persistera des douleurs ou une impotence fonctionnelle de cette épaule.

Calcification de l'épaule : causes et traitement - Dr Givry à Dijon